« Encore un dernier coup a boire,
Que je tombe raide sans rien au fond,
Que l'alcool m'arrache la mémoire,
Que j'en oublie jusqu'à ton nom. »
Être jeune, mode d'emploi : Sortir, traîner dans les bars, traîner un peu partout d'ailleurs, du moment qu'on s'écorche le foie et qu'on fait n'importe quoi. Pourvu qu'on finisse minables, dégueulant nos litres de vodka ingurgités sur le bitume froid. Dégueulant notre mal-être que l'on tente de dissimuler derrière nos larges sourires, notre maquillage qui coulera quelques heures plus tard. Ca baise de tous les côtés, les langues se mêlent et de toute façon tout le monde s'en fout parce qu'on est en soirée, qu'il faut " s'amuser ". Alors les mecs jouent les salauds, les filles se comportent comme de véritables pétasses, et tout le monde se berce d'illusions. Tu danses sur de la musique de merde, assourdissante, et tu penses que c'est ça, la vie, la vraie. Qu'exister et s'amuser se résume à boire et à fumer jusqu'à ce que ton corps implose. Que les bonheurs simples n'existent plus, puisque plus rien n'est simple en réalité, surtout dans ta vie. Le lendemain tu te réveilles, tu ne te souviens plus de l'endroit précis où tu as dormi cette nuit. La seule chose dont tu es sûre c'est que tu as mal à la tête, tes jambes sont lourdes et ton foie s'est réveillé et te fait payer tes excès de la veille. Tu te rapelles alors de tout ce que tu as pu faire ou dire hier soir, et tu réalise que t'as vraiment été la pire des salopes. Seulement on t'en veut pas, personne t'en voudra d'ailleurs, parce que tout le monde est pareil au fond. On a tous la même conduite médiocre, pitoyable, immature, pour se cacher de nos idées noires, de nos peurs, de nos pleurs du petit matin. On est tous blazés, détruits par tous ces vices qui nous entourent, et on aimerait sortir de cette impasse et découvrir autre chose que tout ça pour être heureux. Alors en attendant de trouver le vrai bonheur, on continue à traîner dans tous ces endroits sordides, froids, dégueulasses, et on fait semblant d'être bien dans sa peau, de profiter comme il se doit de notre jeunesse soit-disant dorée qui passera pourtant trop vite. Et un jour tu te réveilleras, petite, tu ouvriras tes yeux d'écorchée vive ou on te les fera ouvrir, et tu sauras. Que la vie c'est pas ça, qu'il faut vivre, voir, être, et non pas faire semblant.